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Succession : l’erreur que font 7 familles sur 10

Points clés de cet article :

  • 70 % des familles CSP+ croient avoir anticipé leur transmission patrimoniale, alors qu’un testament seul ne suffit pas à protéger ni le conjoint ni les enfants.
  • Le piège de l’indivision et les limites légales du conjoint survivant sont les deux erreurs les plus coûteuses – et les moins connues.
  • Trois leviers concrets permettent de structurer une transmission sereine : la donation, le démembrement de propriété et la clause bénéficiaire d’assurance-vie.
  • Le PLF 2026 introduit un abattement pour beaux-enfants fixé à 15 932 €, utile mais insuffisant sans stratégie globale documentée.
  • L’inaction a un coût réel : conflits familiaux, blocages juridiques et perte de valeur patrimoniale chiffrée.

9 000 milliards d’euros. C’est le montant du patrimoine qui va changer de mains en France d’ici 2040, selon les projections issues des rapports du Congrès des Notaires. Pourtant, 7 familles sur 10 abordent cette transmission avec une « illusion d’anticipation » : elles pensent avoir pris les bonnes dispositions, sans réaliser que leurs outils actuels sont inadaptés à leur situation réelle. Le testament est rédigé. Le mariage a eu lieu. Et pourtant, la protection est lacunaire.

La transmission de patrimoine n’est plus une simple formalité administrative réservée aux grandes fortunes. Pour les entrepreneurs, les professions libérales et les dirigeants, c’est une mission de pacification familiale qui exige une architecture précise, révisée régulièrement. Cet article décode les erreurs les plus fréquentes et présente les leviers concrets pour les corriger avant qu’il ne soit trop tard.

Chez le Cabinet Thiéblemont, fondé en 2011, nous accompagnons chaque année des familles qui découvrent – souvent à l’occasion d’un décès ou d’un divorce – que leur organisation successorale avait des failles critiques. Le constat est toujours le même : l’erreur n’était pas dans les intentions, mais dans l’absence de structuration adaptée.

L’illusion d’anticipation : pourquoi la plupart des familles se croient protégées alors qu’elles ne le sont pas ?

Avoir un testament rédigé chez un notaire donne un sentiment de sécurité légitime. Mais un testament ne fait qu’exprimer une volonté – il ne structure pas la transmission. Sans montages adaptés en amont, il ne réduit pas la fiscalité, ne prévient pas les conflits entre héritiers et ne protège pas le conjoint survivant au-delà de ce que la loi prévoit déjà.

L’illusion d’anticipation repose sur une confusion fréquente entre « avoir rédigé ses volontés » et « avoir structuré sa transmission ». Ce sont deux démarches radicalement différentes. La première est un acte juridique ponctuel. La seconde est une stratégie vivante, ajustée au fil des évolutions familiales, fiscales et patrimoniales.

Les familles les plus exposées sont souvent les plus actives professionnellement : des dirigeants dont le patrimoine a crû rapidement, des professions libérales qui ont accumulé des actifs immobiliers, des entrepreneurs dont la valeur de l’entreprise est mal intégrée dans la réflexion successorale. Plus le patrimoine est diversifié, plus l’organisation spontanée est insuffisante.

Le piège de l’indivision : comment un bien immobilier peut bloquer toute une famille ?

L’indivision est la situation dans laquelle plusieurs héritiers détiennent ensemble un bien sans qu’aucun n’en soit propriétaire exclusif. C’est le régime par défaut lorsqu’aucune disposition contraire n’a été prise. Et c’est l’un des blocages les plus fréquents et les plus douloureux dans une succession non préparée.

Imagine une résidence principale transmise à trois enfants – dont deux issus d’un premier mariage. Chaque héritier peut, à tout moment, demander la vente du bien en s’appuyant sur le principe « nul n’est contraint de rester dans l’indivision ». Le conjoint survivant, qui vit encore dans ce bien, peut se retrouver contraint de le quitter ou de racheter les parts des enfants à un prix qu’il ne peut pas toujours financer.

Ce scénario n’est pas rare. Il est même la norme dans les familles recomposées qui n’ont pas mis en place de protection spécifique. La jurisprudence de mars 2025 a confirmé que, sans montage préalable, le conjoint survivant reste exposé à la réserve héréditaire des enfants d’un premier lit, limitant drastiquement ses droits sur le logement familial.

« Sans montage spécifique, le conjoint survivant d’une famille recomposée est limité par la réserve héréditaire des enfants du premier lit. » – Jurisprudence, mars 2025

La protection du conjoint survivant : ce que la loi ne fait pas automatiquement ?

Après 20 ans de mariage, beaucoup de couples pensent que le droit protège automatiquement le conjoint survivant. C’est le mythe le plus dangereux en matière successorale. La loi française garantit au conjoint soit le quart de la succession en pleine propriété, soit la totalité en usufruit – mais ces droits peuvent être fortement réduits en présence d’enfants non communs.

Dans une famille « classique » (enfants communs uniquement), la situation est déjà perfectible. Mais dans une famille recomposée, le conjoint survivant peut se retrouver avec seulement 25 % du patrimoine en pleine propriété – ce qui, sur une résidence principale de 600 000 €, représente 150 000 €, souvent insuffisant pour maintenir son niveau de vie.

La loi civile n’a pas suivi l’évolution des structures familiales modernes. Le droit successoral français est conçu pour les familles traditionnelles de 1804, pas pour la pluralité des configurations familiales actuelles. Des outils spécifiques – testament, donation entre époux (donation au dernier vivant), clause bénéficiaire d’assurance-vie – permettent de combler ces lacunes, mais ils doivent être activés volontairement et correctement.

Quels sont les 3 leviers concrets pour structurer une transmission sereine ?

Face à ces risques, trois outils complémentaires permettent de construire une stratégie de transmission robuste. Ils ne s’excluent pas – au contraire, leur combinaison est souvent ce qui distingue une transmission réussie d’une succession conflictuelle.

Levier Objectif principal Avantage clé A utiliser si…
Donation Transmettre de son vivant avec abattements fiscaux Abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans Tu veux réduire les droits de succession et organiser la transmission progressivement
Démembrement de propriété Séparer usufruit et nue-propriété La nue-propriété est transmise à valeur réduite, l’usufruit reste entre tes mains Tu veux transmettre l’immobilier tout en conservant les revenus ou l’usage du bien
Clause bénéficiaire assurance-vie Transmettre hors succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire Fiscalité avantageuse, liquidité immédiate pour le bénéficiaire Tu veux protéger le conjoint ou un enfant spécifique avec un capital disponible rapidement

La donation et le démembrement s’articulent autour des actifs immobiliers et patrimoniaux, tandis que l’assurance-vie intervient sur les actifs financiers et la protection du conjoint ou d’héritiers choisis. Une stratégie complète mobilise les trois leviers de manière coordonnée.

Comment fonctionne le démembrement en pratique et quels sont les chiffres réels ?

Le démembrement de propriété est souvent présenté comme complexe. Pourtant, son principe est simple : on sépare la nue-propriété (le droit de posséder) de l’usufruit (le droit d’utiliser et de percevoir les revenus). La nue-propriété est transmise aux enfants, l’usufruit reste chez les parents. Au décès de l’usufruitier, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires à payer.

Prenons l’exemple de Jean-Pierre et Isabelle, tous deux âgés de 62 ans. Ils possèdent un appartement locatif valorisé à 400 000 €. En procédant à une donation de la nue-propriété à leurs deux enfants, la valeur fiscalement retenue pour cette nue-propriété – calculée selon le barème fiscal lié à l’âge de l’usufruitier – est de 60 % de la valeur totale, soit 240 000 €, répartis en 120 000 € par enfant.

Chaque enfant bénéficie de l’abattement de 100 000 € applicable à la donation parent-enfant. La base taxable est donc de seulement 20 000 € par enfant, contre 200 000 € si la pleine propriété avait été transmise au décès. L’économie fiscale est immédiate et substantielle, pendant que Jean-Pierre et Isabelle continuent à percevoir les loyers jusqu’à leur décès.

« La donation avec réserve d’usufruit permet de transmettre un bien immobilier à valeur fiscalement réduite tout en conservant les revenus de ce bien jusqu’au décès. C’est l’un des montages les plus efficaces pour les patrimoines constitués. » – Congrès des Notaires, analyse patrimoniale 2025

Ce que change le PLF 2026 : le nouvel abattement pour beaux-enfants est-il suffisant ?

Le Projet de Loi de Finances 2026 introduit un abattement fiscal pour les transmissions entre beaux-parents et beaux-enfants, fixé à 15 932 €. C’est une avancée réelle dans la reconnaissance juridique des familles recomposées, mais ce montant ne constitue en aucun cas une stratégie successorale – il s’agit d’un allègement ponctuel.

Pour qu’une transmission vers un beau-fils ou une belle-fille soit reconnue et correctement encadrée fiscalement, deux conditions doivent être réunies : l’existence d’un lien familial clairement établi et une documentation rigoureuse des soins, de l’attention et du lien affectif prodigués. Sans cette documentation, l’administration fiscale peut remettre en cause le bénéfice de l’abattement.

Dans les faits, 15 932 € représente une fraction du patrimoine à transmettre pour la majorité des familles CSP+. Sur un patrimoine global de 800 000 €, cet abattement ne couvre que 2 % de la valeur à transmettre. La réforme du PLF 2026 est un signal positif, mais elle ne dispense pas d’une architecture patrimoniale complète. Elle doit être intégrée dans une stratégie plus large, pas utilisée comme substitut à celle-ci.

Quel est le vrai coût de l’inaction successorale pour les familles qui n’anticipent pas ?

Ne rien faire a un coût. Ce coût se mesure rarement en euros au moment où la décision est (non) prise, mais il se manifeste brutalement lors du décès. Conflits entre héritiers, blocages juridiques parfois longs de plusieurs années, et perte de valeur patrimoniale : les conséquences d’une transmission mal anticipée sont concrètes et chiffrables.

Un bien immobilier bloqué en indivision peut perdre 15 à 20 % de sa valeur de marché si une vente forcée est imposée dans un contexte de tension familiale. Des frais juridiques liés à un contentieux entre héritiers peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Et ces chiffres ne prennent pas en compte le coût humain : des fratries qui ne se parlent plus, des conjoints survivants déstabilisés, des entreprises familiales démantelées.

La question n’est pas « combien va coûter la mise en place d’une stratégie patrimoniale ? » mais « combien va coûter l’absence d’une telle stratégie ? » La réponse, dans les cas que nous accompagnons au Cabinet Thiéblemont depuis 2011, dépasse presque toujours largement le coût d’une structuration préventive.

« Une transition record de 9 000 milliards d’euros est attendue en France d’ici 2040. Sans anticipation, une part significative de ce patrimoine sera soumise à des conflits, des surcoûts fiscaux et des pertes de valeur évitables. » – Fondation Jean Jaurès & Congrès des Notaires

Questions fréquentes

Un testament suffit-il à protéger mon conjoint et mes enfants ?

Non. Un testament exprime tes volontés mais ne remplace pas une stratégie patrimoniale structurée. Sans outils complémentaires comme la donation, le démembrement ou la clause bénéficiaire d’assurance-vie, le testament ne réduit pas la fiscalité successorale et ne prévient pas les conflits d’indivision. Il est nécessaire mais insuffisant, surtout dans les familles recomposées.

Quelle est la différence entre donation et démembrement de propriété ?

La donation consiste à transmettre un bien ou des actifs de son vivant, bénéficiant d’abattements fiscaux renouvelables tous les 15 ans (100 000 € par enfant). Le démembrement, lui, sépare la propriété en deux droits distincts : l’usufruit (usage et revenus) qui reste chez le donateur, et la nue-propriété transmise aux héritiers. Les deux techniques sont complémentaires et souvent combinées pour maximiser l’efficacité fiscale.

La clause bénéficiaire d’assurance-vie : comment optimiser sa rédaction ?

Une clause bénéficiaire mal rédigée peut annuler une grande partie des avantages fiscaux de l’assurance-vie. Il faut éviter la clause « mes héritiers » qui réintègre les capitaux dans la succession, et rédiger une clause nominative précise avec une hiérarchie de bénéficiaires. Pour les patrimoines complexes (familles recomposées, démembrement de la clause), une rédaction sur mesure avec un conseiller est fortement recommandée.

Le PLF 2026 change-t-il vraiment la donne pour les familles recomposées ?

L’abattement de 15 932 € pour beaux-enfants introduit par le PLF 2026 est une reconnaissance légale bienvenue des familles recomposées. Mais il reste limité face aux enjeux réels de transmission pour les patrimoines CSP+. Il nécessite une documentation rigoureuse du lien affectif et ne remplace pas une stratégie globale intégrant donation, démembrement et assurance-vie.

A quel moment faut-il commencer à structurer sa transmission patrimoniale ?

Le meilleur moment est entre 45 et 55 ans, quand le patrimoine est constitué mais où les abattements fiscaux ont encore le temps de se renouveler (cycle de 15 ans pour les donations). Attendre 65 ans ou plus réduit mécaniquement les options disponibles et les économies fiscales réalisables. Une révision annuelle permet d’adapter la stratégie aux évolutions familiales et législatives.

Conclusion : ta transmission mérite une architecture, pas une improvisation 🛡️

9 000 milliards d’euros à transmettre d’ici 2040. Et 7 familles sur 10 qui pensent être prêtes alors qu’elles ne le sont pas. Ce chiffre n’est pas une fatalité – c’est une opportunité d’agir différemment.

La transmission de patrimoine n’est ni un acte unique ni un document signé une fois pour toutes. C’est une stratégie vivante, articulée autour de trois leviers complémentaires – donation, démembrement, clause bénéficiaire – et révisée chaque année pour rester alignée avec ta situation réelle : évolutions familiales, nouvelles lois comme le PLF 2026, changements dans la composition de ton patrimoine.

Chez le Cabinet Thiéblemont, nous ne vendons pas des produits d’assurance ou des montages financiers isolés. Nous construisons avec toi une architecture de continuité patrimoniale, révisée chaque année, conçue pour que ta famille n’ait jamais à se battre là où tu aurais voulu qu’elle se souvienne. 🤝

La première étape concrète est une Révision de Structuration Patrimoniale : un audit de ta situation actuelle, une identification des risques spécifiques à ta configuration familiale et patrimoniale, et la définition des leviers prioritaires à activer. Prends contact avec le Cabinet Thiéblemont pour planifier cet entretien et transformer l’angoisse successorale en stratégie de sérénité. 🏆

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